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Psychologues, Ergothérapeutes, Psychomotriciens : Travail et sens du travail en EHPAD

03 Nov

Nous avons reçu beaucoup de questions, questionnements et témoignages de ces professionnels d’EHPAD.
Nous ne pouvons sur ce blog publier tel quel les messages ou analyses de situations reçus mais nous recherchons chaque fois à distinguer ce qui relève du cas particulier d’un salarié, d’un établissement, d’une entreprise ou encore de l’intérêt collectif des professions concernées afin d’y répondre au mieux.

Cet espace offre à chaque salarié concerné un espace de ressources et d’expression, l’occasion de participer à une réflexion professionnelle et sociale sur le sens des métiers et sur les conditions du travail, et la possibilité de solliciter une aide ou du conseil spécifique auprès du syndicat.

Des professionnels de plusieurs établissements korian medica nous ont par exemple fait part récemment de leurs soucis, inquiétudes ou questionnements, liés à des gardes de week end et aux problématiques contractuelles, thérapeutiques ou professionnelles que cela soulève pour eux.

D’autres d’ici ou là nous adressent régulièrement leurs témoignages ou analyses sur des contradictions ressenties entre le sens de leur métier et ce que certaines directions en attendent, ou sur des situations anormalement conflictuelles qui font suite à l’expression de problèmes, de dysfonctionnements rencontrés ou de désaccords.

Le syndicat SUD Santé Sociaux rejoint très largement les revendications sous-jacentes de ces salarié-e-s et fait le lien avec d’autres constats qui interrogent et qui nous interrogent quant à la prise en compte de la spécificité professionnelle et quant aux besoins des prises en charges en institution.

Notre approche syndicale, pour ces métiers comme pour d’autres, consiste à faire reconnaitre leurs spécificités professionnelles afin de mieux définir la place de chacun dans les équipes et projets pluridisciplinaires, et d’agir pour que les professionnels puissent exercer essentiellement leurs métiers et non d’autres tâches un peu « bouche-trous ».

Par cette page, nous espérons pouvoir mieux rendre compte de certaines situations, favoriser la réflexion collective et dégager des pistes de solution, d’où le sens du formulaire à la fin de cette page.

Psychologues, ergothérapeutes, et psychomotriciens sont des professions relativement récentes en EHPAD. Il a fallu attendre notamment que les ARS et les Conseils généraux financement leurs postes pour que ces métiers s’y rencontrent régulièrement. [voire les fiches métiers spécifiques : celle des ergothérapeutes et celle des psychomotriciens la fiche des psychologues sera en ligne prochainement]

Ils y ont aujourd’hui toute leur place et les actions de ces thérapeutes en EHPAD concourent assez largement à l’attractivité des établissements et à la modernisation des prises en charge institutionnelles, notamment par l’apport de réponses non médicamenteuses et innovantes aux problèmes de la dépendances et aux troubles divers du grand âge.

En parallèle, les directions d’établissement connaissent souvent les aspects commerciaux mieux que les notions thérapeutiques si bien que dans le fond ces métiers peuvent leurs être assez mal connues.

Sans trop les distinguer, ils sont souvent juste qualifiés de « paramedicaux », et le fond des prises en charge n’est souvent perçu que par ce qui peut se voir côté client ou « côté vitrine ». Pour les professionnels concernés, la mise en avant de leur travail et la valeur que peut avoir celui-ci sur un plan commercial n’est pas un problème mais à condition que cela ne dénature pas la nature et le sens premier du métier.

C’est ainsi pourtant que chaque métier arrive, malheureusement et de manière assez galvaudée, à se retrouver cantonné à une fonction stéréotypée : La gestion des fauteuils, lit médicalisés, contentions, ou barrière de lit pour les ergothérapeutes, la recherche d’apaisement, la gestion ou prévention de conflit pour les psychologues, la dispense d’ateliers ou de toilettes thérapeutiques pour les psychomotriciens.
La notion de prise en charge du résident semblant alors être perçu comme secondaire, moins visible ou moins profitable, par certains employeurs.

La problématique souvent rencontrée par ces professionnels tient beaucoup à une connaissance et une passion de leur métier très supérieure à la moyenne des autres métiers, si bien qu’ils se heurtent à des exigences institutionnelles parfois contradictoires ou en décalage avec le sens de leur travail et ou à une méconnaissance de leur métier de la part de l’employeur.

Les logiques de rendement de certaines entreprises par exemple sont assez peu compatibles avec les exigences de prises en charges thérapeutiques.

Étant particulièrement attachées à leurs métiers et au sens de leur travail, ces professionnels sont donc moins enclin que d’autres à faire des compromis et nous leur donnons raison. Car c’est à l’institution de s’adapter au progrès des pratiques ou aux améliorations fonctionnelles et non aux praticiens de diminuer leur savoir faire ou de faire avec les dysfonctionnements rencontrés.

Quelques exemples de pratiques abusives que les thérapeutes ne veulent pas accepter :

– Demander d’effectuer certaines toilettes « thérapeutiques » sans la présence d’un soignant, au motif qu’il manque d’AS disponibles pour les toilettes ordinaires.

– Faire appel à des thérapeutes pour faire des gardes le week-end et (des gardes le soir) de façon régulière et non exceptionnelle, comme le fait par exemple un adjoint de direction, au détriment de sa fonction de thérapeute et des tâches liées qui diminuent d’autant.

– Imposer des contentions aux résidents sans prescription et contre sa volonté pour faciliter le service, ou satisfaire une famille-cliente.

– Privilégier des ateliers de groupe plus visibles pour la galerie au détriment de la fonction thérapeutique individuelle ou en petit groupe.

– Des soutiens de directions très inégaux entre MEDEC, IDEC d’un côté et Ergothérapeutes, Psychomotriciens et Psychologues de l’autre. Les seconds étant souvent contraints de se soumettre aux choix ou orientations des 2 premiers sans qu’il n’y ait pourtant de légitimité hiérarchique ou professionnelle à cela.

Ce ne sont là que les exemples qui nous ont le plus été signalés.

Si vous voulez alimentez vous aussi la réflexion, la critique ou les propositions, nous avons conçu un formulaire spécialement pour vous. Les témoignages reçus peuvent nous permettre de mettre à jour nos articles ou d’en inspirez d’autres mais ils ne sont pas publics et seuls notre comité de rédaction y a accés.

 
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Publié par le 3 novembre 2014 dans BTHE, Conditions de travail, Métiers

 

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