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Une octogénaire expulsée d’un EHPAD à Marcousis dans l’Essonne

01 Nov

Longtemps tabou, et parce que dans le privé un client de plus ou de moins ça compte toujours, les expulsions d’EHPAD étaient extrêmement rares mais sur les deux dernières années le phénomène semble l’être un peu moins qu’avant.

Vendredi 31 octobre, le quotidien Essonne Info relate l’expulsion – dans des circonstances nébuleuses – d’une personne de 84 ans, résidente de l’Ehpad Repotel Marcoussis (groupe Repotel).

2 ans après son entrée, la résidente s’est vue soudainement chassée par la direction.

Victime d’un AVC en mai 2012, Anaïs Reuter est depuis hémiplégique. Compte tenu de ses symptômes, cette dame de 84 ans n’a eu d’autre choix que de se séparer de sa maison en montagne afin de financer son intégration dans une maison de retraite adaptée. Admise quelques mois plus tard dans l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Le Repotel à Marcoussis, Anaïs Reuter pensait alors avoir trouvé remède à ses maux. « En terme d’accueil c’était plutôt sympathique au départ », lance Laurence Roudot, l’une de ses trois filles.

Les anomalies s’accumulent

Au fil des jours et des semaines, les trois sœurs constatent néanmoins quelques soucis au sein de l’établissement. « Il y avait régulièrement des erreurs dans le protocole des médicaments. J’ai une sœur qui est infirmière donc elle connaît bien les médicaments, et quand on ne donne pas les bons à maman, ou que ce n’est pas le bon dosage, elle est vigilante, ce qui est normal », explique Laurence Roudot. « On a parallèlement eu une fraude sur la carte vitale en août 2013″, poursuit-elle.

Chargée de s’occuper de tous les papiers administratifs, l’une des filles de Mme. Reuter reçoit alors un courrier de la sécurité sociale autorisant le transfert de sa mère aux îles Zimbabwe. « Du coup ma petite sœur a regardé les décomptes puis elle a vu qu’il y avait plein de médicaments qui étaient passés sur la carte de maman, alors qu’aucune prescription n’avait été faite », affirme Laurence Roudot. Au total, environ 10 000 euros de fraude ont été enregistrés sur la carte vitale de l’octogénaire. Si la famille Reuter porte plainte contre « X », le Repotel, logiquement responsable de la carte, dépose lui une main courante à la gendarmerie de Marcoussis, signalant cette fraude comme étant la deuxième du genre.

Malgré une confiance entamée vis-à-vis de l’établissement, il est hors de question pour la famille Reuter de changer d’établissement d’accueil. « Elle a eu beaucoup de mal à s’habituer à s’acclimater, mais elle a fini se faire deux amies avec qui elle conversait au quotidien. Maman ne dit pas grand chose en temps normal, elle ne parle pas beaucoup. Donc pour nous c’était un soulagement de voir qu’elle arrivait à se faire des relations à l’intérieur du Repotel », se souvient Mme. Roudot. Un an plus tard, la situation va pourtant brusquement basculer.

Il lui faut désormais s’adapter

Éprouvant notamment quelques difficultés respiratoires, Anaïs Reuter est admise à l’hôpital de Bligny le 12 octobre dernier afin de réaliser un bilan cardiaque. Au moment de rejoindre sa chambre d’EHPAD 3 jours plus tard, la direction de l’établissement lui refuse curieusement sa réadmission. « Le jeudi, l’hôpital appelle le Repotel pour lui signaler le retour de maman. Le Repotel leur répond « non non, on ne la reprend pas », raconte Laurence Roudot . Si un mail envoyé le lundi à la famille stipule qu’Anaïs Reuter sera vaccinée de la grippe à son retour en maison de retraite, une lettre reçue le jeudi matin et datée de la veille annonce son expulsion de l’établissement à compter du dimanche 12 octobre. « Le comportement et les exigences de sa famille (mensonges, propos contradictoires, accusations infondées, ect.) ne nous permettent plus d’assumer la responsabilité de la prise en charge médicales dans des conditions satisfaisantes », mentionne entre autres ce courrier.

Contactée par la rédaction, la direction de l’établissement n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet. Désabusés, les Reuter eux, portent plainte au tribunal de grandes instances d’Evry, et s’empressent de trouver un nouvel établissement d’accueil. « L’hôpital de Bligny voulait absolument faire admettre maman dans une autre maison de retraite au château de Lormoy. Mais ce n’était pas dans les tarifs de maman », concède Laurence Roudot. « On en a sélectionné 3-4, on est allé les visiter, et le choix de maman s’est porté vers Pontault Combault, donc on a pris Pontault-Combault », poursuit-elle, indiquant que les vêtements de sa mère, restés à l’EHPAD de Marcoussis, ont ensuite été récupérés par un huissier.

Accueillie dans son établissement Seine-et-Marnais le vendredi 24 au matin, Anaïs Reuter doit désormais s’adapter à son nouvel environnement. « Il faut que je m’y habitue. Je n’ai pas le choix. J’ai perdu toutes mes amies », regrette cette dernière encore toute chamboulée. « Elle parle encore moins qu’avant, elle s’alimente très peu, elle a la tête entre les mains, elle ne comprend pas qu’on ait pu lui faire ça« , conclut Laurence Roudot.

 
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Publié par le 1 novembre 2014 dans Actu sociale

 

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