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Par son boycott des stages infirmiers dans les cliniques privées, la FHP a déjà raté son bras de fer.

02 Mar

L’intention et la méthode (que nous trouvons pitoyables) témoignent malgré tout de ce qui caractérise le mieux actuellement les dérives éthiques dont souffre selon nous le secteur français de la santé du fait de la pression qu’y exerce le secteur privé et les profits miroités.

Les établissements concernés par l’hospitalisation privée étant des hôpitaux, des cliniques ou  encore des maisons de retraites (EHPAD), l’humain, le social et le sanitaire devraient passer avant tout le reste.

Or, malheureusement, le secteur privé lucratif ne l’entend pas cette oreille. Acteur privé avant tout quand ça l’arrange pour faire valoir son droit à la libre concurrence voire à fixer lui-même les tarifs, ou d’utilité publique quand il s’agit d’aller piocher dans les subventions de l’état, il veut le beurre et l’argent du beurre en sommes. Il faut reconnaitre aussi que le gouvernement est rarement contrariant sur ces sujets.

Pourtant, et comme nous l’observons depuis des années, plus les activités de la santé ou du social deviennent lucratives plus le service sur le plan national s’y détériore.

Pour résumer ce qui chiffonne la FHP au point d’utiliser des étudiants et leurs diplômes en guise de boucliers, les cliniques privées redoutent une baisse des tarifs (fixés chaque année par le gouvernement) pour compenser le Crédit d’impôt compétitivité (CICE) dont elles bénéficient, contrairement aux hôpitaux.

Avec 820 établissements sur les 1100 que regroupe la fédération de l’hospitalisation privée (FHP), participant au mouvement de boycott ou « de grève » de l’accueil des stagiaires infirmiers, nous voyons bien jusqu’où est capable d’aller la logique du profit :

– Pénaliser la qualité de sa propre activité en empêchant l’aide pourtant précieuse prévue par quelques 10 000 stagiaires infirmiers.

– Compromettre la formation des infirmiers d’aujourd’hui et du même coup la compétence de ceux qui postuleront demain.

La Fédération étudiante y voit « la résultante d’un conflit politique entre la gauche et la droite dont les étudiants infirmiers sont les victimes », pour elle la crise actuelle pourrait se résumer par le fait que la FHP « amie du précédent gouvernement, sacrifie les étudiants ».

Heureusement ce chantage du privé lucratif ne prendra pas.

Marisol Touraine indique que « près de 90% des étudiants ont obtenu un nouveau stage à ce jour »

« La mobilisation générale des agences régionales de santé (ARS) et de l’ensemble des établissements publics et privés à but non lucratif se poursuit dans l’ensemble des régions pour garantir à chaque étudiant en soins infirmiers la continuité et la qualité de leur formation pratique »

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) maintient son boycott des stages à partit du 1er mars. Mais la Fédération nationale des étudiants infirmiers (FNESI) et Marisol Touraine qui se sont rencontrées jeudi 27 février ont pu évoqué des parades au chantage sans pour autant le rendre excusable.

Vivement une moralisation généralisée du capitalisme dans les services de la santé.

 

 

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